Entretien avec le nouveau Directeur Général de l’USBPA
Arrivé à l’USBPA Rugby au 1er septembre 2025 en tant que Directeur Général, Guillaume Guégan fait le point sur son premier mois passé aux côtés des Violets.
Cela fait quelques semaines que vous avez pris vos fonctions de Directeur Général de l’USBPA Rugby. Pour les supporters qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai 48 ans et je suis originaire du Mans, dans la Sarthe, une ville à laquelle je reste très attaché puisque ma famille et mes amis proches y vivent. J’y ai également débuté ma carrière professionnelle : d’abord au club de basket (Le Mans Sarthe Basket) à la fin des années 90, alors que j’étais étudiant, puis au MUC 72 (Le Mans Union Club 72 – football) au milieu des années 2000, quand le club évoluait en 2ème et 1ère division, en tant que salarié. J’y ai connu une belle aventure, marquée par une véritable montée en puissance du club, tant sur le plan sportif qu’économique.
Ces premières expériences m’ont ensuite ouvert des portes loin de ma Sarthe natale. Après une année en Nouvelle-Zélande, j’ai travaillé au Grenoble Foot 38, avant de revenir au Mans en 2011 pour créer ma régie commerciale dédiée au sport. Deux ans plus tard, j’ai été sollicité pour prendre la direction commerciale du Tours FC, alors en Ligue 2, où je suis resté trois saisons. J’ai ensuite rejoint Full Time Sports, une société de conseil en communication sportive, dans laquelle j’ai passé neuf années enrichissantes.
Au printemps dernier, un cabinet de recrutement m’a approché dans le cadre de la recherche d’un Directeur Général pour l’USBPA. Les échanges ont été rapides et fluides, et fin juin, après deux entretiens, nous avons trouvé un accord pour une prise de fonctions au 1er septembre. Je me suis installé fin août à Bourg-en-Bresse. Cela fait donc un peu plus d’un mois que je suis officiellement Bressan.
Et ces premiers pas dans la ville et dans le club ?
La ville, je commence à bien la connaître. J’y habite, j’y fais mes courses, je m’y balade. Je m’y sens bien. C’est une ville à taille humaine, plus petite que Le Mans, mais agréable et avec toutes les commodités nécessaires.
Concernant le club, on arrive toujours un peu sur la pointe des pieds. Les dirigeants, les salariés, les supporters et les partenaires vous attendent forcément au tournant, surtout dans un club aussi chargé d’histoire et de passion que l’USBPA. Tous veulent savoir quelle direction va être donnée, quels changements sont envisagés, quels projets vont être portés et quelles seront les ambitions pour l’USB… Dans ce type de situation, il est essentiel de prendre le temps d’écouter et d’observer pour comprendre l’environnement et les spécificités d’une telle institution.
Mais il faut aussi vite agir : reprendre certains dossiers, appréhender rapidement l’environnement, lancer de nouveaux projets, redonner l’envie d’avancer. Le cap est clair. Dominique Louis, notre actionnaire principal et Président, l’a rappelé récemment. Le club doit trouver un modèle économique pérenne. C’est à mes yeux une ambition légitime et saine. Nous avons la chance d’avoir un actionnaire solide, passionné, qui a maintenu son engagement malgré un contexte financier difficile. Mais aucun actionnaire ne peut, à lui seul, combler les déficits indéfiniment. Son rôle est de soutenir le club dans les moments compliqués et surtout de lui donner les bons outils pour réussir durablement.
Mon objectif, dès mon arrivée, a donc été de remettre tout le monde en ordre de bataille pour affronter les défis à venir. L’équilibre financier est la priorité. Cela passera par une organisation optimisée, des économies là où elles sont possibles sans nuire à la performance collective, mais surtout par notre capacité à générer de nouvelles ressources. Le championnat de Nationale est exigeant financièrement : déplacements longs, effectif de plus de 30 joueurs, staff technique et médical, salariés administratifs… tout cela avec seulement 13 matchs à domicile et sans droits TV, contrairement à la Pro D2 ou au Top 14. L’équation peut paraitre compliquée à résoudre.
« Il est essentiel de prendre le temps d’écouter et d’observer pour comprendre l’environnement et les spécificités d’une telle institution ».
Quelles sont les solutions envisagées pour tendre vers cet équilibre économique ?
Elles sont connues, et assez simples sur le papier. Les clubs qui réussissent à atteindre cet équilibre sont ceux qui savent présenter un projet lisible et compris de tous. Des clubs où l’on parle plus d’ambitions que d’objectifs. C’est la clé de l’adhésion de tout l’écosystème qui gravite autour d’un club. Les supporters, les collectivités, les partenaires, l’association, le Club Affaires ont besoin de clarté et de confiance. Il ne s’agit pas de vendre du rêve mais de parler vrai. Un discours de vérité finit toujours par porter ses fruits.
Regardez des exemples comme Bordeaux, Bayonne, La Rochelle, Vannes ou Provence Rugby. Ces clubs ne se sont pas construits en un jour. Ils sont d’ailleurs toujours en mouvement. Ils ont su être patients, cohérents, clairs dans leur cap, capables d’expliquer leur projet, de créer constamment de la valeur, d’avancer pas à pas, de voir loin plutôt que le match d’après. De se relever après chaque chute… C’est exactement ce que nous devons faire à Bourg, tout en restant fidèles à notre identité et à nos spécificités.
Des chutes, des déceptions ou des coups d’arrêt, il y en a toujours dans un projet à long terme. C’est la vie d’une entreprise. C’est également celle d’un club professionnel. Il faut l’accepter et avancer. Toujours.

Concrètement, quels sont ces leviers pour accroître les revenus du club ?
Notre cœur de métier reste la production de matchs. Nous sommes, en quelque sorte, un producteur de spectacle. Le premier levier est donc de développer davantage nos recettes privées. Cela implique de fidéliser les entreprises déjà partenaires, mais aussi d’en convaincre de nouvelles de nous rejoindre. Le travail réalisé ces dernières saisons est positif, mais nous devons accélérer et augmenter le volume d’entreprises partenaires. L’équilibre économique du club – et donc les performances sportives de l’équipe première – dépendront directement de la progression de ces partenariats. Le stade Verchère nous permet déjà d’accueillir nos clients dans de bonnes conditions. À nous de convaincre davantage d’entreprises, de toute taille, y compris celles qui nous connaissent peu ou qui ont pu être déçues par le passé. C’est en poussant les portes des entreprises du territoire qu’on atteindra cet objectif. Le potentiel est là. Donnons leur envie de nous rejoindre dès cette saison et de participer à ce beau projet collectif.
Le deuxième levier, c’est l’augmentation de nos recettes spectateurs. Nous avons une base de supporters fidèles, présente dans les bons comme dans les mauvais moments avec plus de 900 abonnés cette saison, ce qui est remarquable en Nationale. Mais nous devons nous ouvrir à d’autres publics, notamment les familles, les femmes, et les plus jeunes. Le match du vendredi soir doit devenir autant le rendez-vous des passionnés de rugby que le rassemblement d’amis ou de familles pour qui le match n’est qu’un prétexte pour se retrouver et se divertir. À nous de créer les conditions d’une expérience qui les incite à venir une première fois, puis de revenir, indépendamment du résultat sportif.
C’est quand même plus facile avec des résultats sportifs ?
Bien sûr, mais le résultat sportif ne doit être que la cerise sur le gâteau. On peut très bien passer une bonne soirée au stade, même si l’équipe perd.
Je rappelle souvent aux salariés du club que nous ne devons pas nous focaliser sur les résultats. Nous n’avons pas la main dessus. Il faut tenter au maximum de se décorréler du résultat sportif. Notre rôle, c’est d’offrir la meilleure expérience possible aux spectateurs et aux partenaires. Je suis un compétiteur et j’aime gagner, mais nous devons être résilients et savoir repartir de l’avant après une défaite. C’est la seule façon de progresser et de bâtir. On ne peut pas se permettre de stopper nos projets à chaque fois qu’on perd deux matchs !
« J’ai confiance dans le staff pour faire progresser le groupe tout au long de la saison. Et puis, ce début de saison révèle de nombreux jeunes talents ».
Quel regard portez-vous sur ce début de saison des Violets ?
Je ne suis pas un spécialiste du rugby, donc je ne me permettrai pas d’analyse technique. Mais ce que je constate, c’est que cette équipe a du cœur. Mes deux premiers matchs étaient contre Rouen et Suresnes. Il faut une sacrée force mentale pour accrocher deux nuls dans les dernières minutes ! Et il faut ensuite être solide pour gagner nos deux derniers matchs à domicile (nb : victoires face à Tarbes et Marcq-en-Barœul).
Ce n’était peut-être pas le rugby le plus abouti, mais n’oublions pas que l’équipe est jeune, largement renouvelée et perfectible. J’ai confiance dans le staff pour faire progresser le groupe tout au long de la saison. Et puis, ce début de saison révèle de nombreux jeunes talents. C’est une excellente nouvelle pour le club qui prouve qu’on peut être performants sur la formation et la post formation. Je pense en particulier à Dimitri Doucet, Naïl Ait Naceur, Thomas Deliance, Alexandre Badet, Florian Burlet ou encore Balthazar Michaudon qui font tous partie intégrante du groupe et apportent chaque week-end une vraie plus-value à l’équipe. Nous pouvons être fiers de ces jeunes joueurs qui répondent présents et participent pleinement à notre bon début de saison. A eux de poursuivre leurs efforts pour progresser et apporter de nouvelles solutions au staff dans les semaines à venir. Nous en aurons forcément besoin.
Un mot de conclusion pour nos supporters ?
Soyons fiers des valeurs que portent nos Violets depuis le début de la saison et continuons à les soutenir, dans les bons comme dans les moins bons moments. C’est dans l’unité et le travail que nous construirons l’USBPA de demain.
Nos offres du moment en billetterie

